Riz du Burkina : les acteurs pour une meilleure commercialisation d'un riz burkinabè de qualité

Riz du Burkina : les acteurs pour une meilleure commercialisation d'un riz burkinabè de qualité

03/08/2021
Rose Somda
Responsable Fundraising et Communication
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Des progrès peu connus du Consommateur

DeMme Maimouna OUEDRAOGO, Secrétaire Permanente de l'UNPR B

Au moment où le Maître de Cérémonie s’apprête à annoncer l’ouverture officielle des travaux pour le plaidoyer sur le riz, arrive précipitamment un Monsieur, qui tout en se confondant en excuse, dépose au pied du présidium des sacs de riz blanc . La tenue de cet atelier semble tenir à cœur à ce Monsieur, Adama SANFO, Président de l’Association Nationale des Commerçants de Riz du Burkina (ANCRB) : « La majorité des consommateurs ne connaissent pas le riz du Burkina. Pour certains, le riz du Burkina est cher, est plein d’impuretés » soupir -il.

Ce constat est confirmé à travers les chiffres officielles. En effet, au Burkina Faso, la consommation nationale de riz est estimée à environ 650 000 tonnes par an contre une disponibilité en riz national décortiqué de 190 000 tonnes. Cette faible quantité peine à s’imposer sur le marché intérieur, ce, à cause de difficultés qui entravent le bon fonctionnement de la chaine de valeur.

« Parmi ces contraintes, on note la faible organisation des acteurs et les difficultés d’accès au marché malgré une demande nationale du riz nettement supérieure à la production nationale. La faible connexion entre l’activité de production et celle de commercialisation de la production nationale du riz au Burkina Faso » souligne Mme Valérie KABORE Elue consulaire représentant le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF).à la rencontre.

C’est pour contribuer à résoudre les difficultés au niveau de la chaine de valeur riz du Burkina que Rikolto, en collaboration avec Trias, le bureaux SICAREX, l’Union Nationale des Producteurs de Riz du Burkina (UNPRB) et l’Institut de l’Environnement et de la Recherche Agricole (INERA) se sont réuni en consortium et ont élaboré le projet « Selling quality rice for a better income » QUALIRIZ.

Ce projet financé par AGRA vise à contribuer au renforcement et au soutien à une chaîne de valeur du riz compétitive et inclusive qui augmentera les revenus de 50 000 petits producteurs dans la région du Centre-Est du Burkina Faso.

« Le projet QUALIRIZ s’investit pour un accroissement de la productivité et de la qualité du paddy à travers l’encadrement des producteurs sur des techniques de productions durables et leur accès à des intrants de qualité, notamment …. en semences certifiées des variétés demandées par le marché. …. AGRA, à travers le projet QUALIRIZ, et en partenariat avec Coris Bank, soutien les transformateurs afin de faciliter la mise à niveau de leurs unités. » souligne le Directeur Régional de Rikolto en Afrique de l’Ouest. Les acteurs du projet QUALIRIZ ont aussi sollicité la CCI – BF pour un accompagnement technique dont le plaidoyer pour un meilleur accès du riz du Burkina Faso au marché.

Ainsi le 28 juillet, la CCI- BF a réuni les acteurs de la chaine de valeurs riz pour mener le plaidoyer en vue d’une amélioration de la commercialisation du riz du Burkina. « Cet accompagnement vise à renforcer la collaboration entre les commerçants, d’une part, et d’autres parts, les producteurs et transformateurs du riz. » Précise Mme Valérie KABORE, Vice-Présidente de la CCI- BF.

La tenue de la rencontre est fortement appréciée par les parties prenantes à QUALIRIZ ; Ibrahim KOARA Associé chargé de programme à l’Alliance pour la Révolution Verte en Afrique (AGRA).a exprimé sa satisfaction pour la tenue des travaux de l'atelier.

Ainsi à l’occasion de cette rencontre de plaidoyer, les experts et les différents acteurs ont souligné les évolutions dans la production et la transformation du riz au Burkina Faso.

La Secrétaire Permanente de l’Union Nationale des Producteurs de Riz a ainsi confirmé les progrès dans l’adoption de pratiques de production durables telles que le SRP, qui renforcent la qualité du riz paddy.

Une étude, publié par le ministère de l’Agriculture, nous confirme d’ailleurs que le riz produit et transformé par les braves acteurs de la filière est apprécié par près de 71% des consommateurs burkinabè, pour son goût. Un grand nombre de consommateurs jugent à leurs convenances, sa propreté et son volume à la cuisson.

Les améliorations au niveau de la transformation ont aussi été soulignées ainsi que les opportunités de financement qui sont de plus en plus offertes pour permettre aux transformateurs et aux autres acteurs de la chaine de valeurs d’accéder aux ressources financières pour améliorer la rentabilité de leurs entreprises.

Pour les distributeurs de riz burkinabè, la solution c’est de sécuriser le marché « Il faut de la promotion à grande échelle, de la sensibilisation. Il faut que les autorités parlent plus du riz burkinabè. » souligne Adama SANFO.

Des recommandations pour le riz burkinabè en "tête de gondole" dans les lieux de commerce

Au cours des travaux, les acteurs de la filière riz ont ainsi émis des recommandations qui se résument à ;

  • promouvoir et vulgariser auprès des organisations de producteurs, la gestion des risques agricoles à travers la contractualisation et l’assurance agricole,

    • poursuivre les efforts dans l’amélioration de la qualité du riz du Burkina,
  • vulgariser les bonnes méthodes culturales dans le but d’accroître les rendements et réduire les prix;

    • alléger les conditions d’accès et d’exécution des marchés institutionnels,

    • travailler à assoir une discipline dans tous les maillons notamment la production et la transformation,

    • encourager les investissements privés notamment dans le maillon transformation du riz;

    • poursuivre la sensibilisation auprès des consommateurs sur la qualité du riz du Burkina,

    • renforcer l’organisation des acteurs.

« Pour que le riz burkinabè s’impose, il faut que l’on travaille ensemble. Il faut que l’on se parle pour satisfaire le consommateur. Parce que le but de tout, c’est le consommateur » confirme Adama SANFO à la fin de l’atelier, d’avoir vendu une grande partie du riz qu’il a exposé durant l’atelier et prêt à retourner au bureau de son GIE pour continuer le combat.

" Si tu dis à un consommateur ' il vaut mieux manger sain, il vaut mieux manger quelque chose qui va nourrir ton organisme et non te bourrer le ventre." Il va s'intéresser [à notre riz]]"

Adama SANFO Président de l'Association des Commerçants de Riz du Burkina

cet atelier est un excellent moyen de faire valoir les potentiels de la Chaine de Valeurs riz, de montrer les difficultés auxquelles la filière fait face,.... pour permettre aux décideurs de se pencher davantage sur les questions de règlementation pour un meilleur développement de la Chaine de Valeur riz du Burkina. .

Ibrahim KOARA Associé chargé de programme à l’Alliance pour la Révolution Verte en Afrique (AGRA).

" A travers QUALIRIZ, notre consortium confirme son soutien aux acteurs de la filière riz dans leur plaidoyer en faveur d'un meilleur environnement de marché pour le "riz made in Burkina Faso".

Hamado TAPSOBA Directeur Régional de Rikolto en Afrique de l'Ouest