Good Food for Cities

Des jeunes, femmes et Personnes Vivant avec un Handicap, devenus des acteurs économiques performants

November 6, 2025

Dans de nombreuses zones rurales d’Afrique de l’Ouest, l’exode vers les centres urbains ou les pays plus nantis reste encore l’option privilégiée par les jeunes pour échapper à la pauvreté. Au Burkina Faso, dans la région du Centre-Est, les jeunes, les femmes et les personnes vivant avec un handicap (PVH) constituent la majorité des personnes sans emploi ou vivant principalement de l’agriculture de subsistance. Certain·es parviennent à créer des microentreprises, mais celles-ci sont souvent peu rentables et durables.

L’Agence belge de développement, Enabel, met en œuvre des programmes de développement dans cette région, classée onzième sur les treize régions administratives du pays. Le programme « Appui au développement d’un entrepreneuriat inclusif et durable dans la région du Centre-Est » fait partie des actions de soutien aux jeunes et aux personnes en situation de vulnérabilité que mène Enabel dans la région.

Le consortium RIKOLTO – TRIAS – SOS FAIM – FRA/CES – ASSOCIATION INITIATIVE TENKODOGO/CENTRE-EST contribue à ce programme à travers la mise en œuvre du projet « Amélioration de la compétitivité des entreprises rurales et urbaines du Centre-Est et création d’emplois décent·es, inclusif·ves et durables » (PACE-DID).

Le PACE-DID a pour objectif global de contribuer au développement économique et social inclusif et durable de la région du Centre-Est. Il cible prioritairement les jeunes, les femmes et les personnes vivant avec un handicap.

Icon Place

Pays

Région

Centre - Est du Burkina

Icon Scope

Objectif

Quatre-vingt (80) jeunes, femmes, personnes vivant avec un handicap (PVH) porteur·euses d’idées, ainsi que vingt (20) promoteur·rices d’entreprises

Icon Duration

Durée

2021-2023

Les défis

Trois défis ont été levés au cours du projet :

  • Accompagner les promoteur·rices d’entreprises de la région, en particulier les jeunes, les femmes et les personnes vivant avec un handicap (PVH), à faire mûrir leurs idées et à créer des entreprises performantes ;
  • Appuyer les services financiers décentralisés et les prestataires locaux afin qu’ils·elles offrent des services de qualité, innovants, diversifiés, accessibles et adaptés aux besoins des promoteur·rices d’entreprises, tout en facilitant la mise en relation avec des client·es potentiel·les ainsi qu’avec des fournisseurs de services financiers et non financiers ;
  • Favoriser l’inclusion des jeunes, des femmes et des PVH dans les cadres de concertation sur l’entrepreneuriat, pour une meilleure prise en compte de leurs préoccupations et priorités.

Nous allons être plus autonomes et des modèles pour les Jeunes, les femmes, les Personnes Vivant avec un Handicap (PVH) si tout ce que nous avons décidé est effectivement réalisé. Notre entreprenariat sera avancé….. Tout le monde va se mettre au travail et les autres régions vont nous prendre pour exemple.

Thérèse Marie BERE

Promotrice d'entreprise, Tisserande

Notre approche

Les approches mises en œuvre se déclinent ainsi :

  • Cent cinquante (150) candidat·es issu·es des groupes cibles du projet ont été sélectionné·es.
  • Un hackathon a été organisé afin de stimuler la créativité. À son issue, quatre-vingt (80) porteur·euses d’idées ayant démontré la pertinence et la faisabilité de leurs modèles d’affaires devant un jury ont été retenu·es.
  • Ces quatre-vingt (80) porteur·euses d’idées ont ensuite bénéficié d’un programme de formation sur plusieurs mois, suivi d’un accompagnement individuel (coaching) pour améliorer leurs plans d’affaires et faciliter la mise en relation avec les services financiers décentralisés (SFD) en vue de mobiliser des fonds.
  • Un concours de sélection des meilleurs plans d’affaires a été organisé.
  • Les candidat·es lauréat·es ont bénéficié de fonds d’appui au démarrage de leurs entreprises ainsi que d’un coaching personnalisé sur une période d’un (01) an.
  • Les candidat·es non sélectionné·es ont également poursuivi leur accompagnement personnalisé et leurs mises en relation avec les SFD.

Parallèlement, un diagnostic des prestataires de services locaux (BDS) a été réalisé, suivi d’un renforcement de leurs capacités afin qu’ils·elles puissent offrir des services adaptés aux promoteur·rices financé·es.

  • Les compétences du personnel des SFD ont été renforcées pour une meilleure compréhension des besoins spécifiques des jeunes, des femmes et des personnes vivant avec un handicap, en vue d’une inclusion financière accrue.
  • Un diagnostic de l’offre et de la demande de services financiers a révélé que la majorité des financements concernent les activités commerciales (achat-vente), tandis que peu d’entre eux soutiennent les acteurs et actrices de l’entrepreneuriat. Les principaux obstacles identifiés pour les jeunes, les femmes et les PVH restent l’absence de garanties matérielles et financières.

Résultats attendus

  • Les porteur·euses d’idées de projets d’entreprises, accompagné·es par le projet, créent des entreprises performantes et professionnelles ;
  • Les entrepreneur·es accompagné·es ont accès aux services des Business Development Services (BDS) et des Services Financiers Décentralisés (SFD), et renforcent leurs relations d’affaires ;
  • L’offre de services financiers des SFD pour la création et le développement d’entreprises est diversifiée, résiliente, accessible et adaptée aux besoins spécifiques et au potentiel économique des jeunes, des femmes et des personnes vivant avec un handicap (PVH) ;
  • Les préoccupations des jeunes, des femmes et des PVH, porteur·euses de projets ou promoteur·rices d’entreprises, sont prises en compte dans les stratégies locales de développement.

Groupes cibles

Le PACE-DID bénéficiera directement à :

  • 80 porteur·euses d’idées d’entreprises, dont au moins 75 % de jeunes, 30 % de femmes et 5 % de personnes vivant avec un handicap (PVH) ;
  • 20 entreprises existantes, rurales et urbaines, dont au moins 75 % de jeunes, 30 % de femmes et 5 % de PVH ;
  • 12 prestataires locaux de Business Development Services (BDS) ;
  • 2 prestataires de services financiers (SFD).

Environ 4 080 personnes issues des familles et des collaborateur·rices des jeunes, des femmes, des PVH, ainsi que des BDS et SFD, seront touchées indirectement par le projet.

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Les resultats

En trente (30) mois, le projet PACE-DID a permis d’enregistrer des avancées significatives autour de trois résultats majeurs :

1. Création et développement d’entreprises performantes et professionnelles

Les porteur·euses d’idées de projets d’entreprises, accompagné·es par le PACE-DID, ont donné vie à des entreprises dynamiques et viables :

  • 59 entreprises ont bénéficié d’un soutien financier, dont :
    • 42 nouvelles entreprises, créées et portées par 83 % de jeunes, 69 % de femmes et 12 % de personnes vivant avec un handicap (PVH) ;
    • 17 entreprises en développement, portées par 71 % de jeunes, 88 % de femmes et 6 % de PVH.
  • 21 de ces nouvelles entreprises ont été formalisées. Elles interviennent dans divers domaines : agriculture (5 %), artisanat (15 %), élevage (56 %), transformation agroalimentaire (20 %), industrie (2 %) et services (2 %).
  • Ces entreprises sont désormais en phase de production et de commercialisation, entretenant des relations d’affaires solides avec leurs SFD.

Processus d'incubation mis en œuvre au cours du PACE - DID

2. Accès amélioré aux services financiers et non financiers

Les entrepreneur·es accompagné·es ont renforcé leurs relations d’affaires grâce à un meilleur accès aux services des Business Development Services (BDS) et des Services Financiers Décentralisés (SFD) :

  • 28,81 % des entreprises soutenues ont signé des contrats avec des BDS ;
  • 76,27 % des promoteur·rices d’entreprises, formelles ou informelles, se disent satisfait·es de la qualité des services non financiers reçus ;
  • 4 SFD sur 10 dans la région du Centre-Est ont financé des promoteur·rices, choisi·es directement par ces dernier·es lors des rencontres de mise en relation ; le projet a signé 3 conventions de partenariat avec des SFD : GRAINE SARL, APFI et RCPB ;
  • 3 ateliers de mise en relation entre jeunes entrepreneur·es et institutions financières de la région ont permis de consolider des partenariats durables ;
  • 51 promoteur·rices ont obtenu un crédit auprès d’institutions financières, couvrant les secteurs de l’agriculture, de la restauration, de la transformation et de l’artisanat utilitaire, pour des montants allant de 152,45 € à 2 896,53 €.

Une offre de services financiers plus diversifiée, résiliente, accessible et adaptée aux besoins des jeunes, des femmes et des PVH a également vu le jour :

  • Adaptation de certains produits financiers existants (ex. : crédit agricole) ;
  • Développement de 9 nouveaux produits financiers sur les chaînes de valeur soja, volaille et embouche ovine ;
  • Assouplissement des conditions d’accès au crédit (ancienneté, taux, durée, etc.) ;
  • Élaboration d’une cartographie des vulnérabilités des SFD en matière de gouvernance, de réglementation et d’opérationnalité, en collaboration avec GRAINE SARL ;
  • Validation d’un plan d’action triennal pour pérenniser l’offre de services financiers et non financiers destinés aux jeunes, aux femmes, aux PVH et autres groupes vulnérables ;
  • Développement de l’application mobile « Guichet mobile », permettant d’effectuer des opérations d’épargne, de crédit et de tontine en dehors des agences, notamment dans les zones rurales non couvertes ;
  • Dotation en matériel informatique et amélioration de la connectivité de plusieurs agences, notamment à Tenkodogo et Koupéla.

3. Renforcement du dialogue pour une meilleure inclusion

Des actions concrètes ont été menées pour assurer la prise en compte des préoccupations des jeunes, des femmes et des PVH dans les stratégies locales de développement :

  • Lancement d’un dialogue multi-acteurs sur la thématique :
    « Financement de l’entrepreneuriat des femmes, des jeunes et des personnes vivant avec un handicap : amélioration de la mobilisation des ressources financières et solutions de garanties adaptées » ;
  • Adoption d’une charte et d’une feuille de route en assemblée générale pour opérationnaliser les engagements pris ;
  • Mise en place d’un comité de dialogue chargé d’animer les cadres de concertation et de proposer des solutions concrètes aux défis identifiés.

Renforcement des capacités des entrepreneur·es en digitalisation

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Generation Food à travers le monde

Generation Food fait partie du programme international de Rikolto Food Smart Cities programme. Dans différentes villes du monde, dont Ouagadougou, Arusha, Louvain et Quito, Rikolto appuie les municipalités à formuler des politiques alimentaires durables et à les mettre en pratique. En co-création avec des universités, des entreprises, des initiatives locales de production/distribution alimentaire, des municipalités et des coopératives d'agriculteurs, nous développons des modèles commerciaux (de la ferme à l'assiette) qui rendent possible la transition vers des villes durables. Par l'intermédiaire de Generation Food, Rikolto plaide pour la participation active des jeunes à l'élaboration du futur système alimentaire.

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Avec qui travaillons-nous ?

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FRA/CES
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Initiative Tenkodogo Centre-Est
Initiative Tenkodogo Centre-Est

Contact

Bernadette P. OUATTARA née WININGA

Directrice régional du programme GF4C et manager du programme GF4C au Burkina Faso

bernadette.ouattara@rikolto.org
+226 70 26 86 96

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