
Les organisations nationales de riziculteurs du Mali et du Burkina Faso fournissent aux écoles et aux institutions publiques un riz durable et de haute qualité, créant de nouvelles synergies locales qui profitent à la fois aux agriculteurs et aux consommateurs, et faisant pression sur les gouvernements pour formaliser les échanges institutionnels sur le marché.
Le Mali est le deuxième producteur de riz d'Afrique de l'Ouest après le Nigeria. Le riz représente 30 % de la production céréalière totale du pays et 5 % du PIB (cps/DTS, 2021). Au contraire, la production rizicole du Burkina Faso est estimée à 0,31 % du PIB, mais seulement1/5 des terres propices à la production est utilisée (PNSR II 2016). Les opportunités de marché restent à exploiter. Malgré leurs différences, les deux pays partagent un défi commun : ils ne peuvent pas répondre à leur demande intérieure de riz.

Le riz est devenu une culture économique stratégique et les gouvernements des deux pays ont donné la priorité aux politiques de promotion du marché intérieur. Cependant, les subventions publiques à l'agriculture ne se traduisent pas toujours par des rendements plus élevés et/ou de meilleurs revenus pour les agriculteurs, car les liens entre les organisations paysannes et le marché sont trop faibles. L'Initiative Riz, lancée par le gouvernement malien en 2008, n'a pas suffisamment mis l'accent sur la commercialisation de la production.
Nous avons donc soutenu les plateformes nationales rizicoles UNPR-B (Union nationale des producteurs de riz du Burkina)et PNPR-M (Organisation nationale faîtière des riziculteurs du Mali) pour accéder aux marchés institutionnels.
En 2016, le PNPR-M a signé un contrat avec l'OPAM (Comité de Sécurité Alimentaire / Office des Produits Agricoles du Mali)pour reconstituer les réserves nationales de sécurité alimentaire à hauteur de plus de 2 millions d'euros. En 2015, les organisations paysannes de l'UNPR-B ont vendu 7 000 tonnes au ministère de l'Éducation (MENA) au profit des cantines scolaires de trois régions. En conséquence, un décret(Arrêté n°2017-002/PM/CAB) a été pris par le Premier ministre en faveur de la production locale, stipulant que « les structures de l'État telles que les cantines scolaires et universitaires, les centres de formation professionnelle, les casernes militaires, les hôpitaux et les prisons, entre autres, doivent privilégier l'achat de produits locaux pour leur approvisionnement alimentaire».
Les structures publiques telles que les cantines scolaires et universitaires, les centres de formation professionnelle, les casernes militaires, les hôpitaux et les prisons, entre autres, doivent donner la priorité à l'achat de produits locaux pour leur approvisionnement alimentaire
Arrêté n°2017-002/PM/CAB | Premier Ministère - Burkina Faso
Malgré ces réalisations, de nombreux défis restent à relever :
Renforcer le rôle du PNPR-M et de l'UNPR-B sur leurs marchés respectifs :

Il peut être très difficile pour les associations d'agriculteurs d'identifier et d'évaluer les stocks de riz des agriculteurs car ils sont dispersés sur une grande zone de production. Nous créerons une base de données sur les stocks en équipant et en formant les agriculteurs à la collecte et au transfert de données vers un outil de collecte de données gratuit. Disposer de statistiques précises sur la disponibilité des stocks facilitera les négociations entre les organisations paysannes et leurs clients. L'analyse préalable des données permet de mener les négociations de manière plus objective et transparente. La collecte de données facilitera également la mise en place d'un système de traçabilité, ce qui facilitera la gestion du contrôle de la qualité.
Au Mali, nous nous concentrons sur l'établissement de relations bancaires afin que les organisations paysannes puissent accéder au crédit à temps pourconstituer leurs stocks. Des essais ont montré qu'un accès rapide au crédit est essentiel pour le succès des achats institutionnels par les organisationspaysannes.
Au Burkina Faso, nous organisons également des actions de renforcement des capacités pour renforcer les compétences culinaires. Souvent, les cuisiniers d'école ne connaissent pas les bonnes techniques de cuisson du riz local et se tournent vers le riz importé.
Nous soutenons les syndicats pour persuader les gouvernements de prendre des mesures plus permanentes pour promouvoir le riz local. Par exemple, pérenniser le décret burkinabè et garantir l'accès aux marchés institutionnels pour les cantines scolaires. Pour ce faire, nous faciliterons le dialogue et partagerons les efforts de plaidoyer sur des plateformes multipartites avec d'autres acteurs de la chaîne de valeur du riz. Nous capitaliserons également sur notre expérience et augmenterons la visibilité de l'initiative par le biais de conférences publiques, d'ateliers et de notes techniques sur les résultats du projet.

L'un des principaux objectifs de la stratégie mondiale de Rikolto en matièrede riz est de promouvoir des pratiques agricoles durables grâce à l'utilisationde la norme SRP. Au Burkina Faso, nous avons formé 30 futurs formateurs auxtechniques SRI et PPU, qui ont à leur tour partagé leurs connaissances avec 300autres agriculteurs. De même, en 2020, le PNPR-M a axé sa formation sur lessystèmes de plaine et pluviaux, qui sont majoritairement gérés par des femmeset des jeunes.



Dans l'ensemble, les intérêts des organisations paysannes sont mieux pris en compte dans les contrats, et les organisations faîtières sont devenues des partenaires plus fiables aux yeux des acheteurs institutionnels. En effet, les achats institutionnels favorisent le dialogue entre les acteurs et renforcent la légitimité de l'organisation faîtière dans l'ensemble du secteur.

Generation Food fait partie du programme international de Rikolto Food Smart Cities programme. Dans différentes villes du monde, dont Ouagadougou, Arusha, Louvain et Quito, Rikolto appuie les municipalités à formuler des politiques alimentaires durables et à les mettre en pratique. En co-création avec des universités, des entreprises, des initiatives locales de production/distribution alimentaire, des municipalités et des coopératives d'agriculteurs, nous développons des modèles commerciaux (de la ferme à l'assiette) qui rendent possible la transition vers des villes durables. Par l'intermédiaire de Generation Food, Rikolto plaide pour la participation active des jeunes à l'élaboration du futur système alimentaire.
