
Le Burkina Faso est un pays essentiellement agricole, avec une population rurale estimée à plus de 74%. Dans ces régions, dont le Nakambé et l’Oubri, le riz est une culture majeure. Il est produit par les petits producteurs qui représentent plus de 80% des habitants. Ces producteurs cultivent du vivrier dont des fruits et légumes et de l’arachide. Ils consomment et approvisionnent les marchés avec les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL).
Les accès limités au financement, au marché ; les contraintes en matière de compétences et de capacités qui entravent la bonne la gouvernance et la gestion administrative et financière des organisations ; la faiblesse de la structuration des filières sont quatre défis majeurs auxquels les acteurs des coopératives et entreprise rurales, promouvant ces cultures, sont confrontés ; cela, en dépit d’avancées notables enregistrées.
Il a aussi été constaté des incohérences et l’insuffisance des relations entre les différents maillons des filières qui impactent négativement la qualité des produits tant au niveau des matières premières qu’au niveau des produits finis.
La promotion des filières agricoles porteuses a été retenue par le gouvernement burkinabè au nombre des éléments clés, pouvant permettre l’atteinte des objectifs de croissance et aussi contribuer de manière efficace et durable à l’atteinte des objectifs de lutte contre la pauvreté, de la sécurité alimentaire et de l’égalité entre les sexes.
La Coopération Belge au développement soutien le Burkina Faso pour relever les entraves au développement durable des filières agricoles.
Elle finance des projets de promotion des filières agricoles au Burkina Faso, afin que “les producteurs et productrices agricoles contribuent davantage à la sécurité alimentaire grâce à leur inclusion dans les chaînes de valeur inclusives et résilientes”.

Les producteurs et productrices agricoles contribuent davantage à la sécurité alimentaire grâce à leur inclusion dans les chaînes de valeur inclusives et résilientes.
Le projet de structuration des filières agricoles prioritaires, s’inscrit dans ce cadre. L’une des premières actions de projet mis en œuvre par Enabel en collaboration avec le consortium composé de People Power Inclusion, Rikolto et Inadès-Formation Burkina, a consisté en la sélection, à travers un processus participatif et inclusif, de cinquante coopératives agricoles, puis à la conduite d’un diagnostic organisationnel approfondi de ces coopératives de riz, maraîchage, arachide et produits forestiers non ligneux (PFNL) afin de définir, sur cette base, des plans d’accompagnement adaptés à leurs besoins spécifiques.
Les organisations accompagnées rassemblent plus de deux milles (2 000) membres dont 60% de femmes, 45% de jeunes. Des personnes déplacées internes (PDI) et des personnes vulnérables, généralement des veuves, des Personnes Vivant avec un Handicap sont au nombre des membres des coopératives et de l’entreprise rurale.
Les coopératives présentent une hétérogénéité importante. Certaines des coopératives sont encore faiblement structurées, avec des mécanismes de transparence insuffisants et une gouvernance limitée. “Dans plus de 70 % des cas, l’absence de registres formalisés traduit un manque de culture institutionnelle et d’outils de gouvernance adaptés” soulignent les experts. D’autres disposent déjà de registres tenus, d’outils de comptabilité et d’instances de gouvernance fonctionnelles ou d’équipements de base et génèrent un chiffre d’affaire régulier. Certaines peinent à documenter leurs volumes de production, leurs marges ou leurs revenus. L’entreprise privée, quant à elle, affiche un niveau de formalisation plus avancé, mais partage des contraintes similaires, notamment en matière de financement et de partenariats commerciaux.

Les acteurs du projet ont déterminé un plan global d’accompagnement des coopératives afin de relever leur niveau de professionnalisation.
Ils déroulent une stratégie combinant des actions aux résultats rapides et visibles, capables de renforcer la motivation des membres dès les premiers mois, avec des actions de fond qui consolident la professionnalisation et la compétitivité sur le moyen terme.
Pour être en phase avec la dynamique, ils ont organisé au cours du mois de septembre 2025,une formation en gouvernance et gestion financière au profit des quarante –neuf (49) coopératives. De nouvelles coopératives se sont adjointes pour suivre les séries de sessions tenues par des consultants experts en développement durable.
D’autres actions sont en cours pour corriger rapidement les faiblesses les plus visibles et permettre aux coopératives de générer des gains tangibles . Des actions à plus long terme seront menées pour assurer la pérennité et la compétitivité des coopératives.
Des actions devraient ainsi être conduites pour améliorer leur accès au financement institutionnel, une meilleure intégration de la dimension environnementale dans les stratégies des coopératives alors que les filières riz, maraîchage, arachide et PFNL, sont directement exposées aux variations climatiques et aux pressions sur les ressources naturelles.
Le renforcement de la motivation des membres et la consolidation, la professionnalisation et la compétitivité des coopératives sont essentielles d’autant plus qu’il existe un marché, constitué de consommateurs locaux, pour leurs produits.
Le projet de structuration des filières agricoles prioritaires (riz, maraîchage, arachide, produits forestiers non ligneux) dans les régions Nakambé et l’Oubri au Burkina Faso a été financé par le gouvernement de Belgique et mis en œuvre par Enabel en collaboration avec le consortium composé de People Power Inclusion, Rikolto et Inades-Formation Burkina.
Il vise à contribuer à l’atteinte du premier résultat « les producteurs et productrices agricoles contribuent davantage à la sécurité alimentaire grâce à leur inclusion dans les chaînes de valeur inclusives et résilientes » du programme 2023-2027 de la convention de coopération bilatérale 2023-2027, avec le gouvernement burkinabè.