Riz durable

Organisations paysannes comme acteurs clefs dans une bonne gouvernance des filières rizicoles en Afrique de l’Ouest

October 17, 2025

Le projet vise ainsi à rendre les chaînes de valeur du riz en Afrique de l’Ouest plus durables et compétitives, afin qu’elles contribuent à la sécurité alimentaire de la région. Plus spécifiquement, à renforcer les organisations paysannes (OP) pour qu’elles influencent la formulation et l’exécution des politiques publiques ainsi que la gouvernance des chaînes de valeur du riz, en faveur des riziculteur·rice·s familial·e·s locaux·ales, tant au niveau national que dans l’espace de la CEDEAO.

Icon Place

Pays

Région

Afrique de l'Ouest: Burkina Faso, Mali, Senegal, Benin, Niger

Icon Scope

Objectif

Rendre les chaînes de valeur du riz en Afrique de l’Ouest plus durables et compétitives afin qu'elles contribuent à la sécurité alimentaire de la région. Plus spécifiquement, renforcer les organisations paysannes (OP).

Icon Duration

Durée

2014 - 2017

Les défis

La quasi-totalité du riz est produite par des agriculteur·rice·s familial·e·s en Afrique de l'Ouest. Cependant, les organisations de riziculteur·rice·s sont encore peu reconnues par les États comme des partenaires à part entière dans le développement de la filière riz. En conséquence, elles sont peu impliquées dans la définition des politiques de développement de la riziculture, alors même qu’elles participent à leur mise en œuvre et qu’elles en sont les premier·ère·s bénéficiaire·s. Leur implication dans les transactions commerciales se limite, dans bien des cas, à la vente de leur riz à une société d’État à un prix fixe. Dans les situations les plus critiques, les bonnes intentions de l’État peuvent devenir des facteurs de nuisance pour les producteur·rice·s ou perturber le marché au détriment de ces dernier·ère·s (cas des importations sans prise en compte du disponible local).

Cette situation est favorisée par la faible capacité d'analyse des OP (analyse de la filière et des politiques qui la régissent), qui limite leurs capacités à négocier et dialoguer avec le secteur privé et/ou public. Elle est également la conséquence de leur faible capacité d'analyse du marché, de formulation de stratégie de plaidoyer pour influencer les politiques en leur faveur.

Dans ce contexte, il devient nécessaire d'amener les acteur·rice·s (producteur·rice·s et transformateur·rice·s de riz national) à mieux s'impliquer dans la formulation des politiques nationales et régionale en matière de sécurité alimentaire devient une nécessité dans ce contexte.

C'est le défi qu'ont décidé de relever ensemble un consortium d'ONG (Rikolto, SOSFAIM, GLOPOLIS, AFRIQUE VERTE MALI) et le cadre de concertation des producteurs de riz du ROPPA à travers la mise en oeuvre de ce projet à partir de janvier 2014 pour une durée de trois ans.

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Notre approche

La mise en œuvre de l’action repose sur une méthode fondée sur des processus multi-acteurs visant à relier les petits producteur·rices aux marchés modernes. Elle commence par une analyse approfondie de la chaîne de valeur et de son environnement institutionnel et politique, identifiant dynamiques, contraintes et opportunités. Cette approche permet de développer et tester des idées à travers des pilotes concrets, dont les enseignements servent à proposer des structures inclusives de gouvernance et des ajustements dans l’environnement institutionnel et politique. Au cœur de la méthode se trouve le dialogue entre acteur·rices de la chaîne, favorisant la compréhension mutuelle et la définition d’actions gagnant-gagnant, comme la contractualisation de la production pour mieux répondre aux besoins du marché.

Concrètement, les principales actions retenues sont le renforcement des capacités des organisations de producteur·rices (OP) à analyser les chaînes de valeur et l’environnement politique et institutionnel. Pour ce faire, les activités suivantes sont mises en œuvre :

  • études diagnostiques de la filière au niveau national et régional, ateliers de partage des résultats de ces études, ateliers de formation sur les chaînes de valeur, ateliers d’analyse et de reconfiguration des institutions clés.
  • pour renforcer les capacités des organisations paysannes (OP) à développer des stratégies d'influence de la gouvernance publique et de la chaîne de valeur: ateliers de formulation de stratégies de plaidoyer national et régional, apprentissage sur le tas de techniques de plaidoyer.
  • l'appui des OP à intensifier et mieux coordonner leurs relations avec le secteur public et le secteur privé : organisation de réunions multi-acteurs, l'appui à l'émergence d’interprofessions, la mise en place d’un dispositif d’information et l'organisation d'évènements de communication par les OP.
  • l'appui des OP à la formulation et au suivi de la mise en œuvre de propositions concrètes: campagnes de visibilité, actions de plaidoyer, participation du CRCOPR à la Task Force de la CEDEAO, organisation d'une bourse régionale, suivi des transactions issues des contrats commerciaux signés lors de la bourse.
  • l'appui des OP à la construction (sur base des pratiques et des expériences nationales) d'une vision régionale partagée sur le développement des chaînes de valeur du riz locales en faveur des exploitations paysannes familiales : des ateliers bilan-capitalisation, des publications des études, d'articles, un atelier de plaidoyer CEDEAO-UE, et des missions de sensibilisation par le CRCOPR.
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Les résultats

Le projet a considérablement renforcé les capacités des organisations paysannes (OP) à analyser les chaînes de valeur et l'environnement politique, à mener des négociations et à plaider efficacement. Des études et analyses comparatives ont fourni aux OP des informations actualisées sur les chaînes de valeur du riz, et les ont aidées à identifier des thèmes de plaidoyer pertinents. La formation et les rencontres multi-acteurs ont amélioré la compréhension du fonctionnement des chaînes de valeur. De plus, des formations en plaidoyer ont permis aux OP de formuler des argumentaires solides pour négocier avec les autorités et le secteur privé. Les OP sont devenues plus représentatives et légitimes, notamment sur les questions de développement des chaînes de valeur du riz local.

Les OP sont devenues une force de proposition

Grâce à leur renforcement des capacités, les OP sont devenues de véritables forces de proposition, capables de négocier avec les acteurs privés et les autorités. Les leaders formé·es se sont engagé·es activement dans le dialogue politique et ont saisi les opportunités dans tous les pays pour développer des relations d’affaires et de plaidoyer.

  • L’inclusion des organisations paysannes (OP) dans les achats institutionnels au Bénin, au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal (au Niger et au Burkina Faso, les OP vivaient déjà cette expérience, mais au Burkina Faso, la relation avec le MENA a été une première).
  • La responsabilisation des OP dans la conduite des processus de mise en place des interprofessions (Mali, Bénin, et implication au Niger).
  • La mobilisation d’allié·es au sein des parlementaires et/ou des médias (Mali et Bénin).
  • Le rehaussement du prix d’achat aux producteur·rices : de 140 à 150 F CFA/kg au Burkina Faso ; de 125 à 130 F CFA/kg au Sénégal.
  • L'obtention de financements pour des points de vente de riz (Niger).
  • La mise en place, au Sénégal, d’un modèle de financement intégré entre la FEPROBA et ses partenaires, qui a facilité la signature d’un contrat de commercialisation avec un·e industriel·le pour la livraison de 2 000 t de paddy destinées au remboursement de crédit.
  • L'expérimentation de nouvelles relations d'affaires entre les acteur·rices des chaînes de valeur
    • importateur·rices/femmes étuveuses au Bénin ;
    • facilitation, par certain·es transformateur·rices, de l’accès des OP au crédit de campagne auprès de structures de financement au Burkina Faso, afin de garantir leur approvisionnement en paddy et d'honorer leurs engagements pris dans le cadre des achats institutionnels avec le MENA
    • distribution de riz au Niger par la FUCOPRI, suite à l’organisation de soirées pour une consommation citoyenne et d'une caravane de promotion du riz à travers le pays.

Tout cela a renforcé leurs relations avec le privé et les autorités.

Création d'interprofessions

Le projet a contribué à une meilleure structuration des chaînes de valeur riz et au renforcement de leur gouvernance, favorisant l’émergence et la dynamisation d’interprofessions dans plusieurs pays.

En fin de projet, trois interprofessions rizicoles sont pleinement fonctionnelles au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal, toutes présidées par les producteur·rices. Le processus est également bien avancé au Bénin et au Niger, stimulé notamment par des échanges d’expériences entre pairs. Au Burkina et au Sénégal, les interprofessions ont été redynamisées : le CIRIZ (Senegal) a étendu sa représentation au niveau national et le CIRB a relancé la concertation entre les différents maillons de la filière. Au Bénin, au Burkina et au Mali, les organisations faîtières ont renforcé leurs liens avec leur base, notamment à travers leur implication dans les achats institutionnels et les activités de plaidoyer régional.

Accès à l’information sur le marché

Au Mali, la diffusion de 39 bulletins mensuels et d’émissions radio en langues locales a permis aux acteur·rices d’accéder à des informations fiables sur les prix, l’offre et la demande.
Au Burkina Faso, un système Web-to-SMS, basé sur la plateforme SIMAGRI (développée par Afrique Verte), informe plus de 6 000 abonné·es sur les tendances du marché, renforçant la transparence et la prise de décision.

Contractualisation et échanges commerciaux

Dans tous les pays, les organisations paysannes (OP) ont expérimenté la contractualisation avec le secteur public et privé, favorisant la formalisation des échanges.La durée du projet n’a cependant pas permis de sécuriser les premières expériences de contractualisation.Les bourses du riz, nationale et régionale ont permis de conclure 30 contrats de vente représentant plus de 13 000 tonnes de riz échangées1.

  • 1. Bourse régionale à Ouagadougou: contrats signés : 27 (dont 13 effectivement conclus, pour 1 655 tonnes et 560 127 000 FCFA, principalement au Burkina et au Mali) | Bourse nationale du Burkina: quantité échangée : 12 506 tonnes - contrats signés : 17
  • Promotion et compétitivité du riz local

    La qualité, la visibilité et la compétitivité du riz local se sont nettement améliorées grâce à :

    • des actions de communication et de promotion (foires, caravanes, soirées citoyennes) au Burkina Faso, Bénin, Mali et Niger ;
    • le renforcement des capacités de négociation des OP, leur permettant d’obtenir des financements pour ouvrir de nouveaux points de vente dans les grandes villes (Niger, Burkina Faso) ;
    • la forte demande pour le riz local, qui se traduit par une augmentation significative des volumes et des revenus (ex. Niger : de 399 à 668 millions FCFA de ventes entre 2015 et 2016) + l’intégration du riz local dans les achats institutionnels dans plusieurs pays (Bénin, Burkina Faso, Mali).

    La sécurité alimentaire des producteur·rices s’est améliorée, portée par l’augmentation des revenus liés aux achats institutionnels et aux activités promotionnelles (au Bénin, des prix plus avantageux ont pu être négociés grâce à l'implication de supermarchés et de semi-grossistes). L’implication des femmes étuveuses dans ces initiatives a renforcé leur position dans les chaînes de valeur du riz étuvé.

    Enfin, les expériences de contractualisation, en particulier via les cahiers de charges, ont sensibilisé les producteur·rices à l’importance de fournir un riz conforme aux exigences du marché, contribuant ainsi à une meilleure qualité et compétitivité du riz local sur le marché.

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    Generation Food à travers le monde

    Generation Food fait partie du programme international de Rikolto Food Smart Cities programme. Dans différentes villes du monde, dont Ouagadougou, Arusha, Louvain et Quito, Rikolto appuie les municipalités à formuler des politiques alimentaires durables et à les mettre en pratique. En co-création avec des universités, des entreprises, des initiatives locales de production/distribution alimentaire, des municipalités et des coopératives d'agriculteurs, nous développons des modèles commerciaux (de la ferme à l'assiette) qui rendent possible la transition vers des villes durables. Par l'intermédiaire de Generation Food, Rikolto plaide pour la participation active des jeunes à l'élaboration du futur système alimentaire.

    En savoir plus

    Avec qui travaillons-nous ?

    AMASSA - Afrique Verte
    Association malienne pour la sécurité et la souveraineté alimentaires
    AMASSA - Afrique Verte
    GLOPOLIS
    GLOPOLIS
    CCRB
    Conseil de concertation des riziculteur·rice·s du Bénin
    CCRB
    CNOP
    Coordination nationale des organisations paysannes du Mali
    CNOP
    PNPRM
    Plateforme nationale des producteurs de riz du Mali
    PNPRM
    SEXAGON
    Syndicat des exploitants agricoles de l'Office du Niger
    SEXAGON
    FUCOPRI
    Fédération des unions de coopératives de producteurs de riz du Niger
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    FEPROBA
    Fédération des producteurs du bassin de l'Anambé
    FEPROBA
    CRCOPR/ROPPA
    Cadre régional de concertation des organisations de producteurs de riz d'Afrique de l'Ouest | Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles d'Afrique de l'Ouest.
    CRCOPR/ROPPA
    Humundi
    Humundi
    CIRB
    Comité Interprofessionnel du riz du Burkina
    CIRB
    UNPRB
    Union Nationale des Producteurs de Riz du Burkina
    UNPRB
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    Union des jeunes agriculteurs de Koyli-Wirndé
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